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La culture de la confiture
Pour la petite (ou la grande) histoire, il semblerait que la première recette de confiture connue fut mentionnée dans une toute petite phrase perdue au milieu d'un des trente-sept volumes de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien; elle concernait des coings confits dans du miel.
Aux XVIe et XVIIe siècles en Italie, comme en France, tous les banquets seront ponctués par des confitures. Catherine de Médicis offre un manuscrit de recettes de confiture à la cour de France dont s’inspirera, entre autres, Nostradamus qui, après avoir expérimenté les recettes royales, en élabore de nouvelles, dont les célèbres coings confits auxquels il attribue deux vertus: pourront servir pour deux intentions; c’est assavoir pour médecine confortative et restrictive et pour en manger à plaisir à toutes heures.
La production industrielle répend l’usage du sucre de betterave, devenu bon marché. La ménagère du XIXe siècle ne s’emploiera plus guère qu’à la confection rapide de confitures, ayant pour seul but de conserver les fruits de l’été pour l’hiver. Aux oubliettes Catherine de Médicis et Nostradamus.
Et nous voici au début du troisième millénaire … Quelques fous passionnés, épicurieux et gourmets impénitents, exhument les vieilles recettes, les fruits, à nouveau pochés, macérés, marinés amoureusement, la confiture regagne ses lettres de noblesses. Non pas en tant que remède, ni pour conserver les fruits, puisque nous les trouvons presque tous en toutes saisons (quel dommage! à mon avis), mais comme délicate gourmandise à savourer ou à offrir.
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